Réunion-bilan du 8 décembre 2012 : compte rendu


Réunion-bilan du 8 décembre 2012


Vous trouverez ci-dessous le compte rendu de la réunion-bilan qui s’est tenue le 8 décembre 2012 à la Maison du Développement Durable de Louvain-la-Neuve.

1) Présentation d’Hélène Van Collie, coordinatrice du groupe de Mont-Saint-Guibert et porte-parole de l’ensemble des coordinateurs de groupe

·             Dans l’ensemble les coordinateurs ont essayé de veiller au cours de cette saison à ce qu’il y ait un certain équilibre dans le nombre de permanences effectué par les Amapiens disponibles. Dans l’ensemble tout s’est bien passé.
·             Au cours de la saison 2012 certains groupes sont devenus beaucoup plus grands (celui d’Ottignies par exemple) et pour ces groupes nous pensons qu’il serait intéressant en 2013 d’organiser des permanences tenues par trois permanents. La troisième personne pourrait par exemple s’occuper du transport des paniers d’un côté à l’autre de la remorque pour que les deux autres personnes puissent se concentrer sur la réalisation du panier. De plus, si on prévoit trois personnes cela facilite les choses au cas où l’une des personnes ne pourrait finalement venir (ce qui pose problème s’il n’y a que deux permanents prévus). Nicolas trouve que le nombre de trois permanents est justifié pour tous les groupes comptant environ 40 paniers hebdomadaires.
·             Les lieux et les jours de distribution resteront a priori inchangés en 2013 car cela semble convenir à tout le monde. Il y a peut-être une possibilité pour que Nicolas livre des paniers dans un local à Profondsart car il y a une demande de plusieurs familles dans cette zone.
·             Hélène explique que lorsqu’on complète le Doodle lié aux permanences il faut être minutieux lorsqu’on souhaite s’inscrire en couple. Il est arrivé qu’un couple vienne alors qu’une seule ligne du Doole avait été complétée (il y a alors une personne de trop) et au contraire il est arrivé qu’une personne vienne seule alors qu’il semblait que le couple était inscrit. Pour 2013 les coordinateurs aimeraient qu’une ligne du Doodle corresponde à une seule personne, pour plus de facilité.
·             Snezana (coordinatrice du groupe du mardi – Biéreau) déménage à la fin de l’hiver. Elle devra donc être remplacée. Hélène explique que le rôle de coordinateur consiste à mettre en place les permanences et à veiller à ce qu’il y ait un certain équilibre dans les inscriptions. Les coordinateurs prennent également part aux réunions du comité de gestion (environ 3-4 réunions par an). A part cela chacun gère son groupe comme il le souhaite.

2) Présentation de Nicolas, maraîcher

Remarques générales

·             Nicolas explique que Jean Pierre restera trésorier en 2013. Il a eu pas mal de difficultés à contrôler les paiements cette année pincipalement à cause du non-respect des plans de paiement (parfois étalés en dix paiements). Cela prend trop de temps. De ce fait, en 2013 les contrats ne proposeront plus que quatre “cases” et donc un paiement divisés en quatre paiements maximum (et plus dix). 
·             Beaucoup de gens souhaitent adresser un message à Nicolas et le font via l’adresse électronique de l’Amap. Nicolas rappelle que même s’il envoie la feuille de chou par ce canal, c’est Anne-Sophie qui relève cette boîte électronique. Les gens qui souhaitent écrire à Nicolas peuvent le faire à l’adresse suivante : legumesdicoeur(arobase)gmail.com (remplacer arobase par @ évidemment)

Les cultures

·             Le printemps a été difficile en raison du froid et de l’humidité. Cela a engendré l’apparition massive de mauvaises herbes et le développement de davantage de maladies. Le gel de février a également eu une influence sur les premiers paniers. En raison de ce gel, Nicolas a dû acheter des plants chez un pépinieriste pour remplacer ceux qui avaient été perdus et il pense renouveler le système en 2013. Les jours où il a fait beau et chaud ont été peu nombreux et de ce fait le travail a été très concentré. Nicolas estime cependant que les premiers paniers étaient nettement améliorés par rapport à ceux de 2011. En effet, il y avait davantage de légumes n’étant pas des feuilles.
·             Nicolas a cultivé des pommes de terre et des carottes cette année et son bilan est mitigé. Il est assez content du résultat (il y a eu moins de pommes de terre présentant des zones vertes) même si les carottes étaient trop grosses et qu’il a beaucoup rencontré le problème de la “mouche de la carotte” mais au final ce sont des cultures qui prennent beaucoup de temps lorsqu’on est pas mécanisé. C’est pénible car très physique (beaucoup de légumes à arracher d’un coup). Ce sont généralement des cultures industrialisées. Même s’il y a eu des journées d’arrachage collectif, Nico estime que ce n’est pas quelque chose sur quoi il peut réellement compter. C’est selon lui avant tout un moment de partage et un moment qui permet de découvrir le travail sur le champ.
·             Les fraises étaient très belles cette année et il y en a eu beaucoup par panier vu que nous n’étions pas au complet en mai-juin.
·             Les courges n’ont pas aussi bien donné que Nico l’avait espéré.
·             Le maïs doux a très bien donné.
·             Les pigeons ont fait beaucoup de dégats dans leschoux et le pois.
·             Au niveau des tomates, Nico a cru à un moment donné qu’il avait tout perdu car il fait très froid au printemps. Puis elles ont repris mais elles ont eu pas mal de retard et il y a quand meme eu de la perte. A maturité les tomates étaient bonnes mais fragiles. L’an prochain il les récoltera un peu moins mûres (afin qu’elles souffrent moins de la manipulation) et nous expliquera comment les laisser mûrir chez nous. Nicolas souhaite continuer à limiter les variétés (et garder une moyenne de 5 variétés avec par exemple une nouvelle varitété chaque année).
·             Les aromatiques étaient présentes en plus petites bottes. Nicolas a fait des essais en pots comme cela lui avait été suggéré à la réunion-bilan de 2011 mais son bilan n’est pas positif (trop grande différence de goût et de calibre dans le sens négatif).
·             Nico a cultivé pour la première fois du brocoli et du chou-fleur. Ce dernier légume est difficile à cultiver et Nico pense au final être sur la bonne voie au niveau du calibre.
·             Il y a eu moins de concombres et de persil que l’an dernier. Pas assez peut-être ? Nico en avait mis moins et les cultures ont moins bien donné. Voilà comment on peut expliquer la différence par rapport à 2013.
·             Beaucoup de gens trouvent encore qu’il y a trop de “feuilles”, Nicolas le sait et pense qu’il peut encore améliorer cela.
·             L’an dernier les gens se plaignaient parfois du fait que certains légumes étaient présents en trop petite quantité et Nico estime que cela a été amélioré. Il n’y a généralement plus eu de ½ légume mais plutôt une ou deux pièces ou un grand ou un petit légume en fonction de la taille du panier.
·             En général, Nicolas trouve qu’il y a eu trop de salades en fin de saison (parfois quatre dans un grand panier). Il veillera à mieux organiser les choses pour que cela ne se reproduise plus en 2013. Les paniers d’été lui ont semblé plus équilibrés. Ceux d’automne étaient selon lui pafois trop fournis. Les paniers d’hivers lui ont semblé plus diversifiés et mieux fournis. Il reste donc des améliorations à apporter mais dans l’ensemble il y a eu des progrès !
·             Nicolas a plus travaillé avec Charmente car il avait de nouveaux outils et des stagiaires mais il pense être à un niveau assez faible de maîtrise du travail en traction animale. Il se pose des questions à ce sujet.
·             Nicolas présente ensuite la moyenne des légumes par panier (9,28 légumes en moyenne durant cette saison). En 2013 Nicolas compte revoir cette moyenne légèrement à la baisse car il y avait vraiment trop à certains moments et dans le but d’améliorer légèrement son salaire-horaire (voir plus loin). En 2013 on tournera autour de 7 légumes au printemps et en hiver et autour de 10 légumes en été et en automne avec maximum une aromatique (et les paniers devraiment compter entre 3 et 5 légumes “consistants”).

Bilan de Nicolas au niveau du contenu du panier : si les gens ont été satisfaits cette année vu les soucis rencontrés, il seront encore contents durant de nombreuses années.

Le fonctionnement de l’AMAP

·             Nicolas est très content. Cette année, nous avons connu une augmentation de 30% du nombre d’Amapiens au cours de la saison, ce qui donne en moyenne une inscription par semaine. Cela n’a pas toujours été évident à gérer car cela implique de nombreuses mises à jour mais dans l’ensemble ça s’est bien passé.
·             Fin 2011 les échos étaient très positifs, peu de gens ont précisé qu’ils ne comptaient pas rempiler; Nicolas a donc légèrement augmenté le nombre de paniers hebdomadaires à produire. Puis finalement il y a eu environ 25% de contrats non-renouvelés et pas mal de personnes qui sont passées du grand panier au petit panier. Il y avait beaucoup de monde sur la liste d’attente mais peu de gens ont concrétisé leur intérêt par la signature d’un contrat. Sur les 90 équivalents grands paniers (EGP) espérés, il y en avait un peu moins de 60 au début de la saison et environ 65 au cours des premières semaines. Nicolas était finalement content de ne pas être au complet au début car vu les conditions difficiles du printemps, il n’aurait pas pu fournir 90 EGP. Nous avons terminé la saison à 85 EGP (limite que nous avons finalement fixée) et quelques personnes en liste d’attente.
·             Nicolas estime que réaliser la distribution avec la remorque est intéressant pour les groupes comptant au moins 30 familles. En effet, le bénévolat des permanents est censé lui faire gagner du temps et au final ce n’est pas vrai pour un groupe de dix familles par exemple, car Nicolas prend du temps pour tout installer, doit éventuellement rester durant toute la distribution, … Pour les petits groupes Nico estime qu’un système plus classique (Nicolas livre dans un local et les gens s’organisent) serait plus adapté.
·             Il y a eu moins de réclamations au niveau des paniers manquants, notamment grâce au système des étiquettes qui a été mis en place. Et comme il y a plus de familles, il y a en moyenne plus d’oubli et donc moins de soucis.

Les chiffres

·             Nicolas avait lancé un appel pour la constitution d’une “commission finances” censée se réunir pour discuter de sa rémunértion. Personne ne s’est manifesté en dehors des membres du comité de gestion. Nicolas précise qu’il est toujours intéressé par un groupe constitué de nouvelles personnes qui pourraient alimenter la discussion à ce sujet.
·             Le groupe s’est posé la question du salaire-horaire décent. Nicolas avait trouvé un document précisant que le salaire moyen en Belgique était d’environ 15 euros / heure mais beaucoup de gens étaient étonnés. Cet étonnement a incité Nico à se poser une nouvelle fois la question, il a cherché une manière de trouver des informations relatives au salaire-horaire décent mais cela n’a pas été facile. Quelques personnes se sont prononcées (comptable, membre de BSC, indépendants) et au final Nico a retenu qu’un salaire net se trouvant dans une fourchette de 12 à 15 euros / heure pouvait être considéré comme décent. Le groupe s’est beaucoup posé la question du brut et du net. Selon la comptable d’Azimut, il est plus facile de comparer le net sans tenir compte d’aucun avantage personnel (ex : enfants, …).
·             Nicolas précise que cette année il a travaillé avec pas mal de stagiaires (personnes qui suivent le cursus du CRABBE, bio-ingénieurs de l’UCL, …). La présence de ces stagiaires aide à se rapprocher de la fourchette de salaire espérée. Grâce à eux Nicolas ne gagne pas plus par année mais il gagne proportionnellement plus par heure. Nicolas sait que dans certains régions ou certains pays (ex : Allemagne) il est fréquent que l’on considère que les stagiaires rendent une exploitation agricole rentable. Mais ce n’est pas une bonne chose de voir les choses comme cela selon Nicolas. Les stagiaires aident Nico à “prendre sur lui” pour que l’évolution du salaire-horaire puisse se faire mais lentement.
·             L’objectif reste donc un salaire-horaire de 12,50 euros / heure. Ce chiffre n’est pas ambitieux en soi, mais est ambitieux pour le domaine d’activité dans lequel Nicolas se trouve. Nicolas se donne 4-5 ans pour arriver à cet objectif. Pour 2013, Nicolas vise un salaire-horaire de 8,5 euros / h, ce qui correspond au salaire-horaire d’un ouvrier non-qualifié. Nous n’y étions pas encore cette année même s’il y a eu une amélioration par rapport à 2011.
·             En conclusion, le groupe de réflexion a estimé que les paniers étaient trop généreux par moment. L’idée serait donc de ne pas augmenter le prix du panier mais d’en équilibrer davantage le contenu afin de réduire le temps de travail de Nicolas. Il y aura cependant une légère augmentation liée à une indexation des prix allant de 2 à 3%.
·             Nico explique que la différence de prix entre le petit et le grand panier sera revue. En effet, jusqu’à présent un petit panier coûtait 65% du prix d’un grand panier (et non 50%) mais la différence semble au final trop élevée.
·             Nicolas présente ensuite le bilan financier détaillé. Il explique qu’à partir du 1er janvier 2013 il sera pleinement indépendant et plus sous couveuse d’entreprise comme c’était le cas en 2011 et 2012.
·             Nicolas rappelle qu’au terme de cette seconde saison, c’est la première fois qu’il est possible de comparer. Il ne faut donc pas aller trop vite dans les conclusions ! 
·             Nico rappelle que durant l’année 2013 il y aura le déménagement sur le terrain qu’il a acheté à Corroy-le-Grand. Il rappelle qu’un terrain ne peut être amorti et que de ce fait il n’apparaît pas dans la comptabilité.
·             Les recettes ont globalement augmenté de 64% (cela s’explique notamment par fait qu’il y avait en 2011 un mois offert et pas de mois de mars) et les dépenses de 12%.
·             Nicolas rappelle que beaucoup de producteurs fournissant des AMAP rognent sur le coût de la main d’oeuvre pour être rentables (en engageant des saisonniers à moindre coût par exemple). Nicolas ne souhaite pas fonctionner comme cela.

La charge de travail

·             Nicolas précise que le temps passé à travailler pour son installation à Corroy-le-Grand ne rentre pas en ligne de compte.
·             Au final, il a travaillé plus que l’an dernier mais il y a eu moins d’heure de travail par panier. Donc son efficacité a augmenté, ce qui est notamment lié au choix des cultures.
·             Nicolas estime que les paniers qu’il propose reviennent environ 30 % moins cher que le prix du marché alors qu’en théorie les AMAP proposent des paniers qui se trouvent aux alentours de 10 % moins cher. Nicolas en conclut donc une fois encore que le panier est trop généreux et qu’il est possible de modifier les choses à ce niveau-là.
·             Nicolas revient sur la question des pommes de terre et des carottes : ces cultures prennent de la place et surtout du temps. De plus, il faut pouvoir les stocker. Nicolas propose de ne plus en cultiver lui-même en conservation, juste parfois en primeur. Il précise que si les Amapiens souhaitent toujours trouver des carottes et des pommes de terre dans le panier il est toujours possible qu’il en achète à Christian, son voisin, qui cultive évidemment en bio aussi. Cela permettrait d’en mettre dans le panier et de satisfaire les envies en réduisant le temps de travail de Nicolas. Si les Amapiens réclament des carottes et des pommes de terre produites par lui, il estime qu’alors il faudrait penser à une part de mécanisation ou à sous-traiter une partie du travail, ce qui n’est pas facile à mettre en place à petite échelle.
·             Nicolas se rend compte qu’il est difficile de concrétiser un projet idéal où on produit de tout en se rémunérant bien sans que cela ne coûte trop cher aux Amapiens !

Les perspectives pour 2013

·             Nicolas évoque le déménagement à Corroy qui représentera une grande charge de travail. Pour l’instant, il est toujours dans des demandes de permis.
·             Nicolas explique qu’il a acheté ½ Ha de serre d’occasion dont il  récupéré les 2/3 (et qu’il a mis énormément de temps à démonter lui-même). C’est une serre de grande qualité bien plus grande que la serre actuelle. Cela apportera une plus grande sécurité, une meilleure aération (et donc moins de maladies) ainsi qu’une plus grande résistance des cultures au gel. Elle n’est pas encore montée à Corroy.
·             Les cultures se dérouleront donc à Corroy pour la saison 2014 même si Nicolas n’exclut pas qu’il y ait déjà quelques cultures à Corroy en 2013. L’idée serait que, suite au déménagement de Nicolas, Mauro (son actuel stagiaire) reprenne le terrain de Chaumont-Gistoux pour y développer son propre projet.
·             Il n’y aura pas de nouveau légume prévu au cours de la prochaine saison.
·             Nicolas estime que lorsqu’il récolte les petits pois, le systèmes des sacs en papier n’est pas idéal. Il propose donc de cueillir lui-même les pois en 2013 et de voir ce que cela donne au niveau du temps. Il lui semble que ce serait également mieux au niveau de la qualité des pois car c’est un légume qui évolue très vite.
·             Nicolas pense encore simplifier la différence entre petits et grands panier et proposer une ou deux pièces en fonction du panier plutôt que des grandes et des petites pièces.
·             Le panier va légèrement augmenter (indexation) : le grand panier passera à 21,10 euros et le petit à 12,65 euros par semaine.
·             Nicolas souhaite passer de 85 EG à 110 EGP en 2013. Son objectif à plus long terme serait de proposer 150 EGP à Corroy et d’avoir à ce moment-là deux personnes qui travaillent pour lui afin qu’il soit remplaçable. Il estime qu’il faudrait donc augmenter le nombre d’EGP petit à petit. De plus, avoir de la marge permet d’inscrire des familles en cours de saison et d’éviter de leur proposer d’être sur liste d’attente durant des mois.
·             Le comité de gestion recherche personne pour intégrer le comité et occuper un poste “recettes”. L’idée serait donc que cette personne propose chaque semaine une recette axée sur les légumes du panier. Il serait également intéressant d’intégrer tout cela sur un site / blog pour que cela soit disponible sur la toile.
·             Nicolas explique qu’en 2013 il recevra normalement des subsides en tant que jeune indépendant. Pour l’instant il était toujours sous couveuse d’entreprise donc même si nous commençons la troisième saison il pourra tout de même recevoir des aides consacrées aux gens qui se lancent.