Compte-rendu de la réunion du 27/11/2010


Maison du développement durable (Louvain-la-Neuve)
Samedi 27/11/2010

Présentation du projet d’AMAP de LLN et des environs
Par Nicolas Deeker, maraîcher et le groupe de travail  AMAP du GAC de LLN.

Qu’est-ce qu’une AMAP ?

Une AMAP est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, un groupe de consommateurs qui s’associent  pour soutenir un paysan.

Pour pérenniser l’activité du paysan, les Amapiens s’engagent à acheter une partie de la production  en la préfinançant et en signant un contrat (de valeur morale) avec le producteur.
Ils assument les variations de contenu de panier dues aux aléas climatiques.
Cela permet au producteur de ne pas s’endetter en début de saison, de se consacrer pleinement à ses «Amapiens » (il produit pour l’AMAP et non pour le marché) et de réduire ses pertes car tout est vendu.
Les Amapiens s’engagent aussi à assumer une partie de la commercialisation en assurant bénévolement les permanences de distribution de légumes et celles du comité de gestion.

Dans une AMAP apparaît un autre type d’échange économique qu’avec les grandes surfaces et certains maraîchers : l’AMAP offre un rapport direct entre le maraîcher et les consommateurs et sort du principe de marché basé sur l’offre et la demande.
Il s’agit d’un réel partenariat entre  paysan  et « mangeurs », où de nombreuses décisions sont prises ensemble, chaque partie en retirant des avantages : des produits frais, locaux, sains et à un prix avantageux, dans une dynamique participative ; facilité d’organisation du menu de la semaine ; un revenu garanti et un métier valorisé socialement pour le paysan.

Une AMAP aux alentours de LLN

Il s’agit d’un partenariat créé  à l’initiative de  certains membres du GAC de LLN et de Nicolas Deeker, maraîcher.

Le producteur 

Nicolas a 5 ans d’expérience : il a suivi une formation en agriculture et maraîchage bio au CRABE (Coopération, Recherche et Animation du Brabant wallon Est asbl), dont divers stages.
Il a travaillé durant trois ans comme ouvrier agricole chez Vincent Cantaert (maraîcher bio diversifié) ; durant un an, il a travaillé une parcelle de 50 ares, testant sa capacité de produire un maraîchage diversifié.

Les valeurs qui nous rassemblent

Nous souhaitons mettre en avant des valeurs qui nous sont chères et les appliquer concrètement :
- Replacer l’alimentation au centre de nos préoccupations en proposant un choix de légumes diversifiés (plus d’une centaine)  et très frais (les légumes seront cueillis du jour) : l’objectif étant de tendre vers un panier « 100% produits de la ferme ».
-Soucieux du respect de l’environnement, Nicolas produit une agriculture bio labellisée : locale et cherchant à limiter l’utilisation des énergies fossiles.
-Revaloriser le métier de paysan.
-Créer des alternatives économiques :
Nous attachons de l’importance à la notion de prix « juste » : dans notre cas, il correspondra à une estimation d’un revenu horaire décent pour le maraîcher, additionné des charges et frais nécessaires au fonctionnement de l’activité ; le tout divisé par le nombre de paniers qu’il est capable de produire.
-Renforcer les liens et les échanges sociaux.

Concrètement

Nicolas loue un terrain d’un hectare à Chaumont-Gistoux.
Toutefois, il continue à chercher… un terrain car il souhaite devenir propriétaire d’un hectare au moins, dans les environs de LLN ; cela lui permettra de pouvoir bénéficier d’une vision à plus long terme (comme par exemple la plantation d’arbres fruitiers).
Ses choix de culture visent à trouver un équilibre entre légumes anciens, classiques et productifs.
Les cultures seront réalisées avec l’aide d’un poney, dans le souci de redonner une place à l’animal de trait et de respecter le sol.
Ne disposant pas d’infrastructure pour conserver les légumes, la priorité sera accordée aux légumes frais, donc peu de carottes et de pommes de terre.
Pour avoir le plaisir de manger de saison et local, la diversité de saveurs et couleurs sera mise à l’honneur.
Toutefois, le visuel aura une moindre importance que dans la grande distribution (où tout est fait pour séduire l’œil du consommateur : légumes calibrés, solides et aux formes régulières) : nous pouvons définir nous-mêmes les critères de qualité et ainsi réduire le gaspillage.
Lors de la distribution des légumes, une fiche/appréciation sera mise à la disposition des Amapiens, leur permettant de donner leur avis sur la qualité des légumes.
De même, à la fin de chaque saison de production aura lieu un bilan de l’année écoulée et un prévisionnel de la suivante : l’opportunité sera offerte aux Amapiens de discuter des choix de culture, de la qualité et quantité de légumes.

Le panier contiendra entre 6 à 10 légumes différents par semaine :
1 à 2 « épinards » (légumes feuilles à cuire : bettes, tétragone, arroche)
3 à 5 «  à cuire » (légumes racines, tomates)
1 à 2  « salades » (laitue, radis)
1 à 3 « aromatiques »

Un panier d’échange permet d’y déposer un légume que l’on apprécie moins et d’y reprendre celui qu’un autre Amapien y a déposé.
Afin d’ utiliser au mieux le contenu du panier, des recettes seront jointes et il peut être envisagé de faire ensemble des conserves.

La saison court d’avril à décembre 2011,  40 semaines réduites à 38 dans la réalité : deux semaines seront livrées anticipativement, permettant à Nicolas de bénéficier de vacances en décembre.

Le contenu du panier 

Petit ou grand panier : le petit est l’équivalent, en quantité, de la moitié d’un grand, mais présente la même
diversité.
Il est important de savoir que le poids du  panier sera variable en fonction des saisons et du climat hebdomadaire.
Certains  légumes sauvages seront présents : pissenlit, ortie sont là tôt dans la saison ; ils seront d’une grande utilité en période creuse (entre fin mars et mai) car Nicolas ne dispose pas de serre chaude.

La réception

Le lieu de distribution est mobile : il s’agit d’un « local-remorque ».
Les légumes seront partagés et mis en paniers  dans la remorque : chacun viendra avec ses sacs.
Nicolas fera une récolte par jour (cela lui permet d’étaler le travail et de garantir la fraîcheur) : il y aura donc 5 lieux de distribution, dans un rayon de 10 km autour de LLN (Nicolas livre la récolte à son retour vers LLN, dépose la remorque et rentre chez lui).
Plusieurs lieux de distribution peuvent être envisagés au sein d’une même commune (LLN, Ottignies…).

Le prix

Le grand panier coûte 20,oo euros, le petit 13,oo euros (65% du prix d’un grand).
Le fonctionnement de l’AMAP permet de diminuer le coût des légumes de manière globale.

En estimant la valeur des légumes vendus sur le marche en vente directe, nous constatons que le contenu prévu pour un grand panier aurait une valeur variant de 13,75 euros à 33,oo euros, ce qui donne une moyenne de 22,oo euros.

Le comité de gestion

L’AMAP est gérée par un Comité de gestion (C.G.) : il est composé du secrétaire coordinateur (et 1 suppléant), du trésorier (et 1 suppléant), des responsables de distribution (1 suppléant par lieu de distribution) et de Nicolas.

1. Le secrétaire coordinateur

Il convoque Nicolas et les Amapiens à l’assemblée de bilan annuel et l’organise.
Il gère la liste d’attente.
Il convoque, à la demande, les Amapiens et/ou le C.G. en cas de nécessité.
Il assure le suivi des décisions.
Il est le relais communication au sein du groupe et gère les adresses de contact.

2. Le trésorier : Jean Pierre Wilmotte

Il récolte l’argent auprès des Amapiens.
Il remet au paysan l’argent dont il a besoin, suivant un calendrier préétabli.
Il remplit les contrats et précise sur ceux-ci les modalités de paiement.

3. Les responsables de distribution

Chaque lieu de distribution est confié à un responsable.
Il assure la bonne diffusion de l’information entre Nicolas et les Amapiens de son lieu de distribution.
Il gère le calendrier de distribution (local ou emplacement de la remorque-local, bénévoles).

4. Nicolas, le maraîcher

Il assure la production.
Il s’occupe de la rédaction de la « Feuille de Chou ».
Il apporte la récolte sur le lieu de distribution.
Il reprend la remorque-local le lendemain de la distribution.
Il conserve les feuilles d’évaluation en vue du bilan annuel.
Il est présent, de temps en temps, aux séances de distribution, dans chaque lieu de distribution.
Une fois l’an, il invite les Amapiens sur son champ à la « Fête de l’Eté ».
Il demande de l’aide ponctuelle, en cas de besoin, aux Amapiens.